La plupart des taux de roulement qu'on nous présente sont faux. Pas un peu. Faux d'un facteur qui change la conclusion. L'erreur est presque toujours au dénominateur.
La formule
L'effectif moyen, c'est (effectif au début + effectif à la fin) ÷ 2. Pas
l'effectif au 31 décembre. Une entreprise qui passe de 80 à 120 employés dans
l'année et qui enregistre 20 départs a un taux de 20 %, pas de 16,7 %.
Ce qui compte comme un départ
Tout départ définitif de la masse salariale : démission, congédiement, fin de contrat, retraite, décès. Les congés parentaux, les invalidités et les mutations internes n'en sont pas.
Séparez le volontaire du reste
Un taux global ne sert à rien. Trois entreprises à 18 % peuvent vivre trois situations complètement différentes.
C'est le taux volontaire qui mesure votre santé organisationnelle. Le reste mesure vos décisions.
Les pièges
À vérifier avant de présenter le chiffre
- L'effectif moyen, pas l'effectif de fin de période.
- Les départs volontaires isolés du total.
- Les postes saisonniers exclus ou calculés à part.
- La même définition d'une année à l'autre. Sinon la tendance ne veut rien dire.
Ce que le chiffre ne dit pas
Un taux de roulement est un symptôme, pas un diagnostic. Il vous dit qu'il se passe quelque chose, jamais quoi. Pour ça, il faut croiser trois choses : la durée moyenne avant le départ, le gestionnaire d'attache, et ce que disent les entrevues de départ.
Un taux qui monte de 12 à 19 % en un an dans une seule équipe n'est pas un problème RH. C'est un problème de gestion, et il a un nom.


