Le taux général du salaire minimum au Québec est de 16,60 $ l'heure depuis le 1er mai 2026. Pour une personne rémunérée au pourboire, c'est 13,30 $.
Si vous dirigez 50 à 500 personnes, presque personne chez vous n'est payé au plancher. Ce qui bouge est juste au-dessus.
Les taux du salaire minimum en vigueur
La dernière hausse du taux général est de 0,50 $, soit 3,11 %, et touche plus de 258 900 personnes. Chiffres tirés de l'annonce du gouvernement du Québec et de la CNESST.
Le gouvernement vise un plancher équivalent à 50 % du salaire horaire moyen.

Le salaire minimum de l'employé au pourboire
13,30 $ l'heure. Le taux est plus bas parce que le législateur présume que les pourboires s'ajoutent au salaire.
Beaucoup d'employeurs le comprennent à l'envers : les pourboires ne comptent pas dans le calcul. Vous payez 13,30 $, et les pourboires appartiennent à la personne qui les reçoit, comme le rappelle la CNESST.
Le taux vise les emplois où le pourboire est habituel : restaurants, bars, hébergement touristique, terrains de camping et livraison de repas. Il ne couvre pas la restauration rapide ni un comptoir sans service aux tables.
L'effet domino sur vos échelles
Prenez un chef d'équipe payé 19,50 $. En 2025, avec un plancher à 16,10 $, il gagnait 21 % de plus qu'un nouvel employé. Aujourd'hui, plancher à 16,60 $ et sans ajustement, l'écart est de 17,5 %. Son talon de paie n'a pas changé. Sa position, oui.
Étendez sur huit ans. Le taux général est passé de 12,00 $ en 2018 à 16,60 $, une hausse de 38,3 %. Un employé d'expérience à 2 % par année a gagné environ 17 % sur la même période. Vingt et un points d'écart. C'est la compression salariale, et elle ne se manifeste jamais par une plainte à la CNESST, mais par un départ.
L'employé qui démissionne à cause du salaire minimum n'est presque jamais payé au salaire minimum.
Votre superviseur de nuit constate qu'il gagne 2,90 $ de plus l'heure que la personne qu'il forme. Il ne négocie pas, il postule ailleurs. Passez ça dans le coût d'un départ et l'ajustement que vous avez sauté paraît bon marché.

Ce que la hausse déclenche ailleurs
- Les heures supplémentaires. La semaine normale de travail est de 40 heures et les heures au-delà se paient à une fois et demie le taux horaire habituel, soit une majoration de 50 %, selon la CNESST.
- Les uniformes et l'équipement. Vous ne pouvez pas facturer le vêtement ou l'équipement obligatoire à une personne payée au salaire minimum. Au-dessus du minimum, une contribution est possible si le salaire restant demeure égal ou supérieur au salaire minimum applicable à cette personne. Exception de la CNESST : le vêtement clairement identifié à l'entreprise, un manteau avec le logo, doit être fourni gratuitement à tout le monde, peu importe le salaire.
- La compétence fédérale. Banques, transport interprovincial, télécoms et radiodiffusion suivent plutôt le taux fédéral : 18,15 $ l'heure depuis le 1er avril 2026, selon Emploi et Développement social Canada.
Qui n'a pas droit au taux général
Les exceptions sont étroites. La CNESST en nomme trois : les étudiants employés par un organisme à but non lucratif à vocation sociale ou communautaire, les stagiaires d'un programme de formation professionnelle reconnu par la loi, et les personnes entièrement rémunérées à commission qui travaillent hors de l'établissement, dans une activité à caractère commercial, sur un horaire que l'employeur ne contrôle pas.
Si votre stagiaire fait le travail d'un employé régulier sous supervision directe, vous n'êtes pas dans l'exception. Vous êtes dans le risque.
À faire avant le prochain 1er mai
- Sortir la liste des personnes payées à moins de 1,50 $ au-dessus du plancher.
- Chiffrer le rattrapage de ce groupe, pas seulement celui du plancher.
- Recalculer les heures supplémentaires budgétées sur le nouveau taux de base.
- Confirmer qu'aucune retenue pour uniforme ou outil ne fait passer un salaire sous le minimum applicable.
- Redater les montants affichés dans vos offres d'emploi et guides internes.
Si vos échelles n'ont pas été revues depuis trois ans, la hausse n'est pas votre problème, c'est votre signal. Le générateur d'échelle salariale donne la structure, le vérificateur d'équité salariale couvre le volet légal, et l'autodiagnostic RH dit par quel bout commencer. C'est le chantier qu'Inlead RH (inleadrh.ca) mène avec des entreprises de votre taille.


